Carnets de grossesse d’une yogini – 1er trimestre

On parle peu du 1er trimestre. Peut-être car justement il est compliqué d’en parler et incertain.

C’est pour le moment le trimestre que j’ai le moins bien vécu. Non pas à cause des symptômes physiques, que j’ai eu la chance de ne pas trop expérimenter mise à part la fatigue mais surtout sur le plan émotionnel. 

On découvre que l’on est enceinte, on sait que quelque chose, ou plutôt quelqueS choseS se passe(nt) dans nos corps, dans notre coeur, dans notre esprit. On se prépare aux changements, sans pouvoir forcément l’exprimer (surtout si vous faites parties des personnes qui attendent la première écho pour faire votre annonce). 

Premier conseil sur ce sujet : si vous sentez que vous avez besoin de l’annoncer, d’en parler, faites-le ! C’est une superstition ridicule. Pour ma part, j’en ai parlé bien évidemment à ma mère, mes amies proches et des inconnus ! J’avais vraiment besoin d’en parler !

Ma grossesse, je ne l’ai pas prévue, elle est arrivée par surprise et ne faisait pas partie de mes plans à court terme car je venais de changer de ville quelques mois auparavant et je devais tout recommencer à zéro. En tant qu’auto-entrepreneur, et professeur de yoga, ma situation est précaire, disons les choses franchement. J’ai toujours pensé que je serai prête à faire un enfant lorsque j’aurai les moyens financiers et surtout des moyens stables pour l’accueillir. Cette découverte fut donc un peu entre deux eaux : belle surprise voir un peu incroyable (cela faisait plusieurs années que je ne prenais plus de contraception, je commençais même à penser que j’aurai des difficultés à avoir un enfant) et panique à bord ( les questions qui nous tombent dessus et qui ont fait que dès le premier trimestre, mon sommeil a définitivement changé). 

Entre le manque de sommeil, les questions incessantes, j’ai commencé à angoisser sévèrement et même à déprimer. A cela s’est donc ajouté la culpabilité de déprimer alors que je portais la vie. Je savais que je ferai appel à une Doula lors de ma grossesse, c’est donc à ce moment que je me suis décidée à le faire :

Une doula c’est quoi ? 

« Le mot “doula”, du grec ancien, est utilisé aujourd’hui dans le domaine de la périnatalité, pour nommer une femme qui a pour vocation d’aider une autre femme et son entourage pendant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale, grâce à son expérience et à sa formation. Elle incarne la figure féminine qui se tenait autrefois auprès de la femme qui met au monde son bébé, aux côtés de la sage-femme. »  Doulas.info

Une doula est un véritable soutien émotionnel, une femme guide, extérieure à nos vies qui va nous aider dans certains choix en ce qui concerne nos grossesses avec un avis toujours objectif et sans chercher à orienter nos décisions. Une écoute active et selon ses domaines de prédilections (accouchement, allaitement, soins post partum, …) une bonne conseillère, un repère. 

J’ai découvert les doulas alors que je m’intéressais plus à la maternité lorsque j’ai fais ma formation de yoga pré & post natal. Dès lors, j’ai su que lorsque je serai enceinte, je ferai appel à l’une d’entre elles. Les doulas ne remplacent pas le corps médical, elles ne peuvent se substituer aux sages-femmes, gynécologues et obstétriciens. En revanche, elles ont une très bonne culture sur la maternité et apportent réponses aux questions et surtout un soutien émotionnel. J’ai personnellement eu la chance d’avoir une sage-femme très sympa et à l’écoute mais ce n’est pas le cas de tout le monde. On peut même parfois avoir peur de poser certaines questions, parler de nos doutes, se sentir bêtes même à l’idée de demander certaines informations. Avec une doula, aucunes craintes, toutes les questions, tous ce que l’on ressens peut-être partagé et sera répondu avec bienveillance. 

Ma doula m’a donc vraiment aidé pour cette période assez compliquée que j’ai vécu. 

Si vous souhaitez vous faire accompagner par une doula : 

A Lyon, je recommande : Coline de Aum Naissance

A Paris et à distance : Tamara de Uma Doula 

Trouver une doula près de chez vous : Annuaire des doulas de France 

Changements physiques et pratique du Yoga : 

Dès les premiers mois, le rythme cardiaque va augmenter, ainsi que le volume sanguin. Ce qui implique de ralentir. La relaxine, l’hormone de la souplesse va augmenter elle aussi ( je me souviens de mes pratiques de yoga alors que je ne savais pas encore que j’étais enceinte, j’étais étonnée de gagner en souplesse et de perdre en force alors que j’ai toujours été plus en force qu’en souplesse …). 

La relaxine va donc se développer les ligaments se relâcher, la région pelvienne va devenir plus mobile mais aussi plus sensible. 

C’est un excellent trimestre, malgré la fatigue qui l’accompagne, pour continuer sa pratique de yoga comme avant, pour le moment, pas trop de restrictions au niveau des postures. Profitez de ce trimestre pour continuer de vous renforcer notamment au niveau des bras, du dos et des jambes. En effet, si on nous demande de ralentir pendant la grossesse, il nous faut absolument rester actives ! J’insiste sur ce point, vraiment car malgré ma bonne condition physique due à ma pratique régulière du yoga depuis des années, j’ai moi-même expérimenté des douleurs de dos pendant ma grossesse, des fausses sciatiques et douleurs pelviennes.

Les abdominaux, on pense devoir tout arrêter, fausse idée ! Alors oui si vous étiez fan des crunchs et autres exercices d’abdo qui tapent sur le périné, c’est une très mauvaise idée que de continuer (enceinte ou non !), en revanche le travail sur les abdos profonds et les obliques sera très utile pour gérer le mal de dos et les poussées lors de l’accouchement ! Il est toujours possible de faire des planches pendant la grossesse et les planches latérales ( modifiées au fur et à mesure des trimestres sont vos meilleures amies !). 

Continuez de renforcer les bras : après la grossesse, vous aurez ce petit être dans vos bras plusieurs heures par jour ! 

Les jambes : afin de les garder toniques, elles qui vous portent tout au long de votre grossesse, cela permettra d’éviter les jambes lourdes, qui gonflent …. 

A partir de là, donc, même en ralentissant le rythme de pratique, on garde les asanas qui nous permettent de nous renforcer, surtout on s’écoute et on fait des pauses si nécessaire ! Peut-être même que l’on décide de ralentir la durée des pratiques (j’ai plutôt pratiqué 30-40min comparé à l’heure minimum que je faisais avant) en revanche essayez de garder la fréquence de pratique (mieux vaut court et souvent que long et occasionnellement). 

Point important sur le yoga prénatal :

  • Si vous êtes yogini :Vous pouvez attendre la fin du 2ème trimestre si vous souhaitez aller en cours de prénatal. En attendant, demandez à votre professeur, si celui-ci ou celle-ci est formée, au prénatal de vous indiquer  les postures et exercices de respiration à éviter et continuez votre pratique habituelle avec modifications. 
  • Si vous n’êtes pas encore une yogini : Et que vous souhaitez faire du yoga prénatal : commencez maintenant. Vous vous sentirez peut-être étrange au milieu des femmes avec leur ventre bien arrondis mais vous commencerez à bien intégrer les postures et leurs alignements ce qui vous permettra de bien profiter des cours lors des trimestres suivants ! Vous y apprendrez également à bien respirer et cela vous deviendra plus aisé. La respiration et la méditation vous aideront également à gérer toutes les émotions et inquiétudes qui risquent de vous habiter pendant ces 12 semaines. 

Rester connectée à ses cycles, sans ses cycles …. 

Personnellement et à la surprise de certaines de mes amies, ne plus avoir mes règles m’a manqué ! 

Se connecter à ses cycles, c’est vivre en fonction des énergies et des archétypes de femmes qui les accompagnent et ainsi s’organiser en fonction. Savoir reconnaître quand dans le mois nous sommes plus actives et créatives ou alors au contraire quand nous avons besoin de ralentir et prendre soin de nous. La période des menstruations est très puissante et nous permet un grand « nettoyage » qu’il soit physique ou émotionnel. Si vous souhaitez en apprendre plus sur le sujet, un bon livre d’introduction : Lune rouge de Miranda Gray. Ici je ne m’attarderai pas sur le sujet, je donne régulièrement des cercles d’initiation (qui reprendront après mon congé mat 🙂 )

Ce que je conseille aux femmes qui n’ont pas ou plus leurs cycles, c’est de se connecter aux phases des cycles lunaires, ce que j’ai fais tout au long de ma grossesse et qui s’est avéré être pertinent. Cela m’a permis de rester en phase avec ma nature cyclique. (J’ai écris la plupart de mes articles en phase de lune croissante où ma créativité et mon énergie me permettait plus d’efforts). 

Si je vous ai perdu ici, sachez que nos cycles sont intimement liés à ceux de la lune. Pour faire simple, on compare les énergies des 4 phases du cycle menstruel aux énergies 4 phases principales du cycle lunaire : 

  • Nouvelle lune : les menstruations (Phase yin et introspective) 
  • Phase croissante : phase pré-ovulatoire ou folliculaire (phase yang et dynamique) 
  • Pleine lune : Ovulation (phase yang et dynamique) 
  • Phase décroissante : Phase menstruelle ou lutéale (Phase yin et introspective) 

Ce qui m’a accompagné les premiers mois 

Malgré cette épée de Damoclès qui traine au dessus de nos têtes jusqu’à la première écho voici quelques trucs qui peuvent aider à passer les premiers mois et préparer nos corps à la suite. 

Les livres : 

  • Journal de Bord de la future maman : Un livre très bien fait qui nous accompagne semaine après semaine expliquant l’évolution du foetus, ce qui se passe dans nos corps, les rendez-vous médicaux ou autres démarches administratives à effectuer. Vraiment bien pour une première grossesse, quand on ne sait encore que faire, à qui s’adresser et quand.
  • Le guide de la grossesse féministe : Celui-ci nous accompagne mois après mois avec un ton abordable, honnête, drôle. Des chiffres, des explications, du rire, la vraie vie. On devrait toutes accompagner notre grossesse avec ce livre pour nous déculpabiliser.
  • Enceinte, libérez-vous des idées reçues : Je vais être honnête, je ne l’ai pas lu en entier, seulement les parties qui m’intéressaient. Il traite de tous ces nouveaux interdits justement : ce que l’on peut manger ou non, boire ou non, faire ou non. 

Premiers achats 

  • L’huile Weleda maternité anti-vergetures : Si j’avais du mal à me visualiser mère, je n’ai pas eu de mal à visualiser mon corps qui allait changer ! Dès le premier mois, j’ai commencé à m’appliquer cette huile. Peut-être un peu tôt, mais cela était mon seul lien à ma grossesse et l’air de rien, un réconfort. Elle ne m’a plus lâchée jusque la fin de la grossesse. Elle possède une odeur spéciale au début mais on s’y fait vite. 
  • Legging de grossesse : personnellement,  j’ai vite grossis. J’ai trouvé des leggings qui m’ont suivi pendant toute ma grossesse chez H&M Mama, la gamme conscious. Tout de suite plus agréable d’avoir le ventre entièrement recouvert … 
  • Un journal : indispensable je pense que de mettre sur papier tout ce qui se trame dans nos têtes ! 

Les blogs, Podcasts, émissions 

La parole s’est tellement libérée sur la maternité … et tant mieux, cela fait toujours du bien de lire ou écouter des femmes en parler, parfois on se retrouve en elles et on déculpabilise sur certains points. 

  • Bliss Stories : que l’on ne présente plus. Témoignages de grossesses, maternité, plus ou moins faciles. J’ai parfois ris parfois pleuré en l’écoutant. 
  • Les louves : Un blog que j’ai pas mal consulté au début mais aussi des articles intéressants. 
  • Radio Doula : un podcast animé par des doulas, qui offre la parole aux doulas mais aussi aux parents.
  • La maison des maternelles : on s’est régalé à les regarder avec mon mec, lui aussi est devenu fan. L’équipe est tellement no prises de têtes, les intervenants au top, pas mal de sujets y sont traités. En direct ou en replay . Ils nous ont surtout accompagnés pendant toute la période du confinement, ce qui nous a vraiment fait du bien.