Carnets de grossesse d’une yogini – 2ème trimestre

Le deuxième trimestre est considéré comme l’un des meilleur de la grossesse. Le ventre qui commence à s’arrondir et le corps qui s’harmonise autour de lui, les premiers mouvements du bébé, la deuxième écho et la découverte du sexe si vous le désirez, mais surtout l’énergie qui revient.

J’ai adoré entrer dans ce second trimestre, j’ai effectivement noté la différence, toujours essoufflée dans mes cours mais effectivement plus d’énergie. Je ne sais pas si les hormones ont joué mais c’est un trimestre où j’ai beaucoup ris et où je me sentais vraiment détendue.

Mon seul regret est de n’avoir pu profiter pleinement de ce trimestre à cause du confinement … Cette période a été compliquée sur certains points, notamment le fait que mon copain n’ait pu venir avec moi à la seconde écho et découvrir avec moi le sexe de notre fille, les projets d’accompagnement qui tombent à l’eau : on voulait faire de l’haptonomie et moi de l’hypnose prénatale. 

« Bonheur de pouvoir l’exprimer à mes élèves lors des cours, qu’ils comprennent enfin pourquoi je ne montre plus certaines postures, pourquoi je suis plus essoufflée et pourquoi mes leggings ne me vont plus aussi bien qu’avant :p

Je me sens enfin bien, avec moi, avec ce nouvel état, je suis heureuse de pouvoir en parler, je guette chaque semaine si mon ventre grossit, les premières sensations dans ce ventre. Je commence à m’imaginer ce petit être, persuadée qu’il s’agit d’un garçon, on a vite trouvé le prénom, et on commence à l’appeler par son prénom masculin.

Je me sens toujours bien dans ma pratique du yoga, dans l’enseignement. Je chéri ces moments où je guide mes élèves en Savasana et que je sens ces petits mouvements en moi. A l’annonce de ma grossesse, des langues qui se délient, des élèves qui m’annoncent elles aussi leur grossesse, les conseils que je peux donner pour la pratique. D’autres connaissances, qui viennent m’annoncer leur grossesse comme un secret que nous partageons toutes qui se révèle. Je me rends compte que l’été qui nous attends va être plein de naissances.

Mais petit à petit, on entends de plus en plus parler de ce virus qui traîne en Chine, je ne regarde jamais les informations, n’ayant pas de télévision. J’entends mes élèves en parler parfois , puis , de plus en plus souvent. On finit par comprendre que cela devient sérieux, les premières mesures de sécurité tombent dans les studios. Puis arrive ce fameux soir,  on apprends avec mes amis qu’en fait c’est le dernier soir que nous passons tous ensemble dans un bar car dès minuit ils devront fermer jusqu’à nouvel ordre … La manager du studio où je travaille le plus m’appelle et m’annonce la nouvelle de la fermeture également. Là je me décompose totalement, comprenant que mes peurs concernant l’emploi précaire que j’occupe sont fondées : je ne peux plus travailler, je n’ai plus de revenus.

Je rêvais de dernières vacances avec mon mec au soleil dans le sud, m’imaginant me laisser flotter dans l’eau salée … j’avais commencé à mettre de l’argent de côté pour les premiers achats, pour cette nouvelle vie.Tout était foiré.

On a  aussi appris que mon copain ne pourrait pas assister à la deuxième échographie, j’ai du m’y rendre seule dans les métros lyonnais déserts, sans masque, sans protection, mis à part mes gants en cuir et mon écharpe sur le nez. Cette écho si importante où l’on apprend le sexe du bébé. J’ai eu la chance d’avoir un échographiste complètement geek de technologie qui a pu retransmettre toute l’écho en direct sur l’ordi de G.

Me voilà qui vivait mes meilleurs moments de grossesse enfermée, confinée, sans le sou, sans espoir imminent tout en sachant que mon année était foutue car cela allait sûrement s’arranger lorsque je ne pourrai plus travailler et que je ne reprendrai aucune activité d’ici la fin de mon congé maternité … enfer. »

Ce confinement a eu un effet double je pense sur ma grossesse : à la fois, je me suis sentie frustrée, un trimestre sacrifié, la peur liée à la chute de revenus brutale qu’il a impliqué dans ma vie d’auto-entrepreneur, de la solitude, l’annulation du Blessing way que je voulais faire avec mes amies. Parfois je me dis qu’il a quand même eu du bon car il m’aura permis de ralentir et prendre soin de moi pendant cette grossesse. J’ai fais de mon mieux en revanche pour rester active le plus possible. Car confinement = passivité, démotivation pour certains. A cette époque, je continuais à donner des cours en ligne ce qui me fatiguait plus que les cours que je donnais en studios pourtant beaucoup plus nombreux : en effet, qui dit cours en ligne, dit pratiquer en même temps que les élèves et quand on veut tenir la route et enchaîner plusieurs cours dans la journée, en général, en tant que professeur, on apprends vite à sortir de nos tapis afin de ne pas finir complètement épuisés … 

Changements physiques et pratique du Yoga : 

On le sens le retour d’énergie du deuxième trimestre ! Certes le ventre commence à se montrer mais on se sent beaucoup mieux. Les hormones ont fait que j’ai beaucoup rigolé pendant ce deuxième trimestre malgré la situation.

Pendant ce trimestre, on profite de cette énergie retrouvée pour continuer ou reprendre de l’activité physique. Jusqu’au confinement, j’avais ajouté l’aquabiking à ma pratique du yoga pour me donner une activité un peu plus cardio et profiter de l’eau.

Toujours au moins 30 min d’activité par jour, que ce soit de la marche, du yoga, pilates ou autre.

On commence à se concentrer sur les hanches pour travailler leur ouverture. Mais aussi, des exercices qui vont venir soulager le bas du dos qui commence peut-être à tirer. Le plus vous aller bouger, le mieux vous allez vous sentir. C’est encore le bon moment pour travailler sa force dans les bras et continuer de gainer avec des mouvements appropriés (planches latérales). On veut ici créer de la stabilité dans le pelvis, les fessiers et les jambes. Chaises, squats, fentes/Guerriers. On commence à diminuer les flexions arrières, certaines femmes les trouveront encore agréables, si c’est le cas ne vous privez pas. (Attention avec les grands droits pas trop d’étirements, ni de compression).

Le mot d’ordre : dès que vous sentez un mouvement désagréable où qui ne vous semble plus naturel : arrêtez. Fiez vous à votre intuition et à ce que votre corps vous dit.

Peut-être qu’à partir de maintenant vous allez sentir que vous êtes moins à l’aise avec la posture allongée, si c’est le cas, commencez à préférer l’un de vos flans (on dit qu’il est préférable de se mettre à gauche mais ce n’est pas réellement prouvé). Ce qui peut arriver en posture allongée : compression de la veine cave ( la veine qui permet la circulation sanguine entre le haut et le bas du corps) Si elle est compressée, vous aurez comme une sensation de nausée, de vertiges.

Les inversions sont encore ok pendant ce trimestre si vous vous sentez encore de les faire et seulement si vous les maitrisiez avant ( on oublie pas le mur pas loin, on ne veut surtout pas prendre le risque de tomber).

Prise de poids et chiffons : 

J’ai vraiment lu souvent et sur la plupart des sites dédiées à la grossesse qu’on était sensées prendre du poids qu’à partir du deuxième trimestre …. Imaginez mon désarroi quand à la fin de mon premier trimestre j’avais déjà pris 5 kilos … C’est un sujet que je veux aborder rapidement car on lit vraiment tout et n’importe quoi sur le sujet et il y a pleins de « on dit ». 

On dit qu’une femme très mince va prendre beaucoup plus de poids qu’une femme qui le serait moins, que si l’on est un peu en surpoids, on doit surveiller la prise de poids et ne pas prendre plus de 9kg, que le poids « normal » à prendre est 12kg …  Ne vous fiez pas à tout cela, encore une fois, chaque femme est différente et prendra le poids qu’elle a besoin de prendre. Si on part du principe que l’on a des nausées tout le premier trimestre, oui on prendra peut-être moins de poids au début … moi j’ai eu une faim de loup, donc forcément j’ai pris, j’ai repris des formes là où cela manquait : les hanches, les fesses, les cuisses : je suis devenue femme en fait ! Il ne faut pas oublier que le volume sanguin augmente, les liquides. L’utérus, le placenta s’alourdissent, le bébé … C’est dur de lâcher prise mais il le faut ! Evitez aussi de trop regarder ces femmes enceintes qui ne semblent prendre QUE du ventre :).

Même si votre corps change, et parfois brutalement, essayez de cultiver de la gratitude pour ce dernier qui vous aider à porter la vie et garder votre futur enfant en bonne santé. Restez connectée à lui, massez le, honorez le !

Pour les vêtements : Plusieurs points m’ont aidé à ne pas me ruiner dans les vêtements de grossesse, qui sont, en plus, pour la plupart, pas top du tout … Je m’habille plutôt oversize à la base, je passe pas mal de temps en legging et allez on va le remercier, ce confinement que j’ai passé en legging du coup. 

Il y a des marques sympas pour les vêtements de grossesse, qui font l’effort de proposer des vêtements qui passent mais franchement beaucoup trop cher (legging de grossesse à 60-80€ …). Le peu de vêtements que j’ai acheté venaient de H&M, Asos et Zara, ce n’est pas le top, je sais,  mais pas le budget et encore moins pour 9 mois de ma vie ! Je n’ai pas forcément pioché dans leurs catégories Mama, Mom, etc , j’ai, notamment pour cet été, été dans leurs basiques et pris une taille au dessus , ce qui n’était parfois pas nécessaire, la taille habituelle passe. J’ai aussi porté des vêtements vintage que j’avais et qui sont toujours un peu trop grands. Si vous avez une boutique de vintage sympa aux alentours, ça vaut le coup d’aller chercher des vieilles robes trop grandes et de les porter avec une joie ceinture.

Ce que vous pouvez faire au deuxième trimestre : 

  • Commencer à réfléchir à votre projet de naissance, avec pourquoi pas une Doula. Ou alors avec la sage-femme qui vous suit. Même si vous comptez accoucher en maternité, préparez un projet de naissance où vous pourrez noter ce que vous désirez pour votre accouchement, même des choses qui vous paraissent évidentes méritent d’être notées (Péridurale ou pas, pas d’épisiotomie préventive, première tétée, peau à peau avec le père si césarienne, lumière tamisée, tout ce qui vous paraît essentiel …). Vous le donnerez à la maternité lors de vos derniers rendez-vous de suivi afin qu’il soit glissé dans votre dossier, pensez à imprimer un double que vous emmènerez avec vous le jour de l’accouchement. La sage-femme que j’ai rencontrée dans la maternité où je vais accoucher a pris le temps de le lire avec moi et on a donc pu partager sur leurs pratiques, ce qui était envisageable ou non. 
  • Si vous voulez faire de l’haptonomie, on conseille de prendre les rdv assez tôt car c’est apparemment assez demandé (pour moi c’est passé à la trappe)
  • Vous pouvez commencer à vous intéresser à tous les accompagnements en plus que vous souhaitez avoir : yoga prénatal, ostéopathie, acupuncture, hypnose, sophrologie …
  • Vous allez voir qu’on va vous donner pas mal de compléments alimentaires pendant votre grossesse : fer, vitamine D, … j’ai ajouté à tout cela une cure pour mes cheveux car une amie m’a parlé de la perte de cheveux brutale qui suit l’accouchement et déjà que je n’en ai plus beaucoup, j’ai pris mes précautions.
  • Si vous n’avez pas encore investi dans un coussin d’allaitement, vous allez pouvoir le faire, cela vous aidera la nuit ou pour trouver une bonne assise sur votre canapé ! Les ballons aussi, les fameux swiss ball, vous en trouvez pour pas trop cher dans les grandes chaînes de sport et ils sont top pour soulager le bassin, faire des exercices pour le périnée et pour le jour de l’accouchement.  
  • J’ai eu la chance de pouvoir y aller juste avant le confinement et je le recommande : d’aller voir un ostéopathe, idéalement avec une spécialité femme enceinte, pour vérifier que tout va bien au niveau de votre bassin, votre coccyx. 
  • Vous allez pouvoir commencer à réfléchir à ce que vous voulez mettre dans votre liste de naissance 
  • Vous pouvez aussi commencer à réfléchir à votre baby shower ou blessing way 
Coussin d’allaitement, Phytophanère : complément alimentaire pour les cheveux et les ongles, swiss ball

Yoga prénatal et préparation à la naissance : 

En présentiel : 

Si vous êtes à Lyon : 

  • Les cours collectifs chez Small Yoga Pilates, vous y trouverez aussi des ateliers avec des Doulas, des cours de post natal et maman bébé. 
  • Si vous souhaitez un accompagnement personnalisé et privé, n’hésitez pas à me contacter, je lancerai des accompagnements à partir de 2021.

En ligne : 

Si vous êtes à l’aise avec le fait de prendre des cours en ligne : 

  • Yoga Connect : Les cours avec Paola Costa, elle donne beaucoup d’informations pour chaque trimestre et prends le temps d’expliquer pourquoi vous faites les postures. Laure Bouys, propose des exercices à effectuer avec votre ballon et du restorative yoga.
  • Alomoves : Si vous comprenez bien l’anglais, vous y trouverez le yoga que j’ai vraiment apprécié pratiquer pendant ma grossesse et qui influencera définitivement mes cours de prénatal : le kundalini prénatal selon la méthode Khalsa Way. Si vous connaissez un peu le kundalini, vous verrez que c’est bien différent des kriyas, on est plus dans le mouvement, mais le tout avec un belle conscience de la respiration, des chants, des méditations. 
  • Je propose quelques cours sur ma chaîne youtube si vous souhaitez tester gratuitement un cours de prénatal ainsi que des méditations dédiées à la grossesse.
  • Avec le confinement et l’incertitude pour la suite, j’ai suivi la préparation à la naissance de Karine la sage-femme : Quantik Mama. Elle propose plusieurs accompagnements en ligne autour de l’accouchement et le post-partum. Elle les proposait en solde pendant le confinement et je crois qu’elle le fait aussi plusieurs fois dans l’année et cela vaut vraiment le coup si vous vous intéressez à la physiologie de l’accouchement, tout ce qui va se passer pour vous et pour le bébé.

Mon conseil perso : 

Si vous avez le temps, prenez de l’avance pendant ce trimestre sur les activités qui pourraient être « trop physiques » ou qui demanderaient efforts de réflexion ou de concentration car le troisième trimestre va vraiment vous demander de ralentir en ramenant fatigue et un état de flottement où il est dur penser à autre chose qu’à l’arrivée du bébé